MV Agusta : histoire de la marque

La Meccanica Verghera Agusta, une des marques qui a marqué le cours de l’histoire de la moto italienne… Et le cœur de nombreux hommes (dont moi-même !). Il faut dire que les modèles actuels ont de quoi séduire, tout comme le passé de la marque.

Tout commence en 1927, quand les 4 fils du comte Agusta hérite de l’affaire de leur père. Agusta, à l’époque, est actif dans l’aviation. Mais Vicenzo aime la moto et décide de monter une entreprise de moto après la guerre. C’est la naissance de MV Agusta. Trois facteurs motivent ce choix. Leur passion pour la moto, mais aussi le besoin de conserver les emplois dans leurs usines et de répondre à la demande en véhicules abordables. La première moto est la MV98 dont le 98 est la cylindrée. Il s’agit d’un modèle qui devait se nommer Vespa, mais Piaggio a déjà déposé le nom. Comme pour d’autres à l’époque, la fabrication de moto va de pair avec une présence en compétition. Celle-ci permettant de vendre quand les résultats sont au rendez-vous. Les premiers grands prix sont disputés dès 1950 avec leur première moto, une 500cc de 50 chevaux.

La compétition dans l’ADN

La première victoire de la marque est décrochée par Leslie Graham en 1952 lors d’un GP. Cecil Sandford offrira le titre de Champion du Monde à la marque. Bien d’autres pilotes et titres marqueront l’histoire de la marque, mais s’il ne faut en retenir qu’un, c’est Giacomo Agostini.

A lui seul, il gagne 15 titres mondiaux dont 13 au guidon d’une MV Agusta. Son nom est indissociable de celui de la marque depuis les années 1970. Pour la marque, et en Italie en général, il est un héros, une sorte de Rossi de son époque. En plus de ses titres mondiaux, il possède aussi 18 titres nationaux et 10 Tourist Trophy à son actif !

Sa dernière victoire est au Nürburgring en 1976. Il remise ensuite son casque. Pour la marque MV Agusta, c’est le début de la fin. Elle est en proie à des problèmes financiers qui la feront disparaître en 1980 suite à l’arrêt de la production.

MV Agusta, un nom qui résonne dans l’histoire de la moto

Mort et renaissance du mythe MV Agusta

Jusqu’en 1992, quand les Claudio Castiglioni décide de racheter. Déjà propriétaire de plusieurs marques, MV Agusta doit amener un nouvel élément, plus sportif et surtout avec plus d’histoire. Par facilité, la production se déroule à Schiranna où se trouvent les usines du groupe.

La première nouvelle MV Agusta à voir le jour, c’est la F4, devenue mythique ! Et pour cause, elle est dessinée par Tamburini lui-même qui a travaillé chez Cagiva, qui a dessiné la Ducati 916, etc. Son nom, F4 provient du 4 cylindres qui l’anime et du F de Ferrari qui a développé le moteur. L’orientation sport et luxe voit le jour. Viendra ensuite la Brutale, modèle plus abordable, mais au look agressif.

La marque retrouve un public, mais elle sera ensuite boudée du fait de ses pérégrinations. Proton, une société malaisienne rachète l’entreprise en 2004, puis Harley-Davidson e 2008 pour quelque 70 millions d’euros. Claudio Castiglioni la rachètera à nouveau en 2010 avant d’élargir le capital à Mercedes en 2014. Le groupe allemand veut investir dans la moto (de luxe et performante), via son département AMG en prenant 25 % des parts. Un investissement revendu en 2016 alors qu’on s’attendait à un rachat total. Au final, ce sera le fils d’un oligarque russe qui deviendra le nouvel investisseur : Timur Sardarov. Ce dernier va racheter la totalité des parts au fil des ans avec son fonds Black Ocean Investment.

Ayant le champ libre, il décide de diversifier la marque, avec plus de modèles en roadster, tourisme, etc. Toujours sur base du Trepistoni qui se décline lui-même en 675, 800 et 1000. Pour faire face à la concurrence, la marque travaille sur deux projets. La multiplication des séries limitées d’une part. D’autre part, une série entrée de gamme qui doit amener un nouveau public d’acheteur. Pour ce faire, un partenariat avec Loncin permet de produire la gamme Rosso !